L’Ordonnance Sol bruxelloise a 20 ans : un cap franchi, un avenir à construire

Un bilan solide après deux décennies d’action

  • Un inventaire digitalisé et accessible 

Depuis 2004, Bruxelles Environnement tient à jour l’inventaire de l’état du sol. Il couvre aujourd’hui 14.964 parcelles, soit près de 20% de la superficie de la Région. Près de la moitié sont considérées comme potentiellement polluées. La carte de l’état du sol permet à chacun, chacune de consulter ces données en ligne. 

  • Brusoil, la plateforme qui simplifie tout 

Lancée en 2015, Brusoil a révolutionné les démarches des professionnels et professionnelles : 490.000 attestations du sol ont été demandées par les notaires via l’outil et 15.000 études introduites par les experts sol. Depuis 2023, les experts peuvent générer automatiquement les résumés non techniques, ce qui accélère le processus et améliore la standardisation. 

  • Des procédures plus rapides et moins lourdes 

La révision de 2017 a supprimé certains critères, raccourci les délais et ajouté une procédure de traitement de durée limitée, déjà utilisée près de 500 fois. 

  • Focus sur les PFAS, avec un suivi renforcé 

Pour répondre à l’enjeu des PFAS, Bruxelles Environnement intègre ces nouveaux polluants dans ses études et a publié un code de bonnes pratiques. Des critères d’alertes ont été établis et des campagnes d’analyse ont révélé 82 parcelles contaminées. Tous les résultats sont consultables via la carte des sites à risque PFAS

  • Un soutien financier et un accompagnement constant 

Depuis 2007, 5.872 primes ont été octroyées pour un total de 19,5 millions €. Ajoutons les mécanismes Bofas, Promaz et le traitement public (84 terrains étudiés, 1.049 ha) qui permettent de traiter les pollutions complexes issues du long passé industriel bruxellois. Depuis 2016, le Facilitateur sol accompagne les acteurs, actrices bruxellois dans leurs obligations liées à l’Ordonnance Sol.

Et demain ? Une directive européenne pour des sols sains

Le 23 octobre 2025, le Parlement européen a adopté la Soil Monitoring Law, première directive européenne dédiée à la santé des sols. Elle prévoit : 

  • Un cadre commun pour surveiller et évaluer tous les sols de l’UE, selon des critères physiques, chimiques et biologiques.
  • Des classes de santé des sols et des valeurs cibles pour guider les États membres dans leurs actions.
  • Un suivi des polluants émergents comme les PFAS, pesticides et microplastiques. 
  • Des principes pour limiter l’artificialisation des terres et restaurer les sols dégradés. 

Les États membres disposent de 3 ans pour transposer la directive. L’ambition est claire : des sols européens en bonne santé d’ici 2050. De son côté, la Région bruxelloise dispose déjà d’outils efficaces pour répondre à ces exigences grâce à la stratégie Good Soil mais le défi reste important avec notamment l’adaptation de la législation et la mise en place de nouvelles procédures.

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