Un air plus sain : beaucoup moins de polluants
Le dimanche sans voiture a permis d’améliorer de manière générale la qualité de l’air, avec une diminution importante des concentrations de plusieurs polluants. Par rapport à un dimanche moyen, les concentrations de monoxyde d’azote (NO) ont chuté de 83 à 95% et les concentrations de dioxyde d’azote (NO2) ont chuté de 61 à 84%.
Cette année, la diminution des concentrations de polluants a été particulièrement importante. Ces baisses spectaculaires sont dues à la fois à l’interdiction des véhicules motorisés et à la pluie, qui a joué un rôle important dans la réduction des concentrations de NO2 en particulier.
Les axes les plus fréquentés de la capitale ont été les plus impactés. À la station de mesure Arts-Loi, les concentrations de NO et de NO2 ont baissé respectivement de 88 et 84% par rapport à un dimanche moyen. Une diminution encore plus nette si l’on compare avec un jour de semaine moyen : 94% de NO ainsi que 89% de NO2 en moins ont été mesurés.
Une ville apaisée : moins de bruit de fond
Lorsque nous marchons, faisons du vélo et de la trottinette, cela a également un effet bénéfique sur l’ambiance sonore de la ville. Une forte diminution du niveau de bruit de fond a été relevée aux différentes stations de mesures situées à proximité de voiries.
Par rapport au dimanche précédant l’événement du dimanche sans voiture, des réductions importantes ont été observées :
- Diminutions très marquées de 15,3 à 21,6 dB(A) pour les stations de mesure à proximité de l’E40 à Woluwe-Saint-Lambert et de l’E411 à Auderghem. Cela équivaut à une baisse de la pression acoustique de 97 à 99%.
- Diminutions assez marquées de 6,4 à 7,8 dB(A) pour les stations de mesure de la chaussée de Wavre à Auderghem et de l’avenue Houba de Strooper à Bruxelles. Soit une baisse de la pression acoustique de 77 à 84%.
- Une diminution peu marquée de 0,8 dB(A) à la station de mesure de la rue Guillaume Tell à Saint-Gilles, davantage influencée par le bruit ambiant du quartier que par le bruit du trafic routier.
L’impact du trafic sur notre bien-être
Le dimanche sans voiture est l’occasion d’attirer l’attention sur la pollution de l’air et le bruit causés par le trafic routier. L’impact sur notre santé est important. Selon les derniers chiffres de la Cellule Interrégionale de l'Environnement (CELINE), la seule exposition aux particules (PM2.5) a entraîné 4.102 décès prématurés en Belgique en 2024, l’exposition au dioxyde d’azote (NO2) 1.264 décès prématurés et l’exposition à l’ozone (O3) 2.570 décès prématurés.
La réduction des émissions des polluants atmosphériques, en particulier du dioxyde d’azote produit entre autres par le transport, est donc un enjeu majeur. Entre 2018 et 2025, les concentrations annuelles de dioxyde d’azote (NO2) ont diminué de 6% en moyenne par an. Les concentrations de particules fines PM2.5 et PM10 de respectivement 5% et 3% en moyenne par an.
Le trafic routier est non seulement à l’origine de la pollution de l’air, mais il est aussi la principale source de bruit en Région bruxelloise. L’exposition au bruit a également des conséquences sur la santé : elle peut causer des maladies cardiovasculaires, du diabète de type 2, des troubles du sommeil, des problèmes de concentration et des troubles de l’apprentissage. Des recherches menées par Bruxelles Environnement ont montré que le bruit des transports a coûté près de 5.400 années de vie en bonne santé à la population bruxelloise en 2021, ce qui représente une moyenne de 4 mois par personne.
Malgré l’évolution positive de ces dernières années, la limitation des véhicules motorisés et l’utilisation de moyens de transport alternatifs restent un défi majeur pour garantir la santé et le bien-être des Bruxellois et Bruxelloises. “Nous avons déjà fait des progrès ces dernières années, mais nous devons aller encore plus loin. Réduire durablement les émissions polluantes, c’est faire en sorte qu’une ville plus saine, plus agréable et plus humaine ne soit pas l’exception d’un dimanche, mais une réalité au quotidien”, déclare Ans Persoons, Secrétaire d’Etat bruxelloise à l’Environnement et au Climat.